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Carnaval en général
Origine du carnaval
Plusieurs thèses sont avancées sur les origines carnavalesques de notre région mais peu de documents peuvent en attester. L'histoire fût souvent transmise de bouche à oreille, de génération, au fil des siècles. Ce sont les raisons pour lesquelles se confondent légendes et vérités historiques.
L'une des thèses portant les origines de notre carnaval dans les temps les plus anciens est avancée par un folkloriste belge. Elle remontrait à l'époque gallo-romaine où l'association du masque, d'un déguisement et de musiques était présente. Ces festivités, d'origines religieuses, étaient la célébration des victoire du bien sur le mal, comprenons du printemps sur l'hiver. Elles avaient lieu durant la période qui précèdait les ides de Mars qui s'étendrait actuellement entre Noel et le début du carême.
Au XIIéme siècle, dans la région de Binche, sous le règne de Yolande De Gueldre, il y eut une longue période de guerre. Les habitants réfugiés regagnèrent la ville et les bourgs environnents. On sait qu'ils se masquaient et dansaient à la même époque pour chasser l'hiver et le diable qui, dans ces temps anciens étaient souvent associés. Les acteurs de ses festivités étaient munis de coliers à clochettes et de balais qui sont probablement à l'origine de nos apertintailles et ramons actuels. Le Clergé dénoncera en vain le caractère païen de ces activités.
Une autre hypothèse, la plus défendue, remonte au XVIéme siècle. A cette époque, notre région était sous tutelle de Marie de Hongrie dont le château se situait dans l'enceinte des remparts de Binche où elle y possédait un pavillon de chasse. L'empereur Charles Quint, frére de Marie, se rendit dans le canton de binche accompagné de son fils Philippe II d'Espagne afin de le présenter á la noblesse locale.
En août 1549, de fastueuses fêtes fûrent données par La Dame de Binche en l'honneur de cette visite. Les courtisants de l'époque ayant entendu parler des découvertes du Pérou eûrent l'idée de se travestir en Incas. Ils confectionnèrent des costumes fortement colorés et des coiffes à hautes plumes. Les partisants de cette thèse pensent que le mot gille provient d'une évolution de Gil, prénom fortement répandu en Espagne à cette époque. Les oranges tireraient également leur origine de cette époque où elles étaient importées de ce même pays.
Nous savons que lors de l'évangélisation de nos contrées, les coutumes païennes fûrent remplacées officiellement par des coutumes religieuses mais elles survécûrent néenmoins de manière innées dans les fêtes populaires. Leurs dates correspondaient au calendrier du Clergé, comme actuellement pour Binche le Mardi Gras (veille de carême)
Il existe également des traces d'une autorisation de se masquer les jours de grands feux pour toutes les communes du canton de Binche, les jours de grand feux peu après la révolution en 1797.
Toutes ces hypothèses se recoupent plus ou moins et tentent à prouver que le carnaval dans la région du centre remontent à des temps très anciens. Tout comme l'apparition du gille.
Les premiers gilles étaient habillés à l'époque d'un costume de toile avec pélerine, bas de pantalons et poignets en ruban. Des lions noir, jaune et rouges dont l'origine remonte à la révolution brabançonne ornaient blouse et pantalon. Il portait en guise de ceinture un colier de sonnette (l'apertintaille), souvent à deux rangées; et chaussait des sabots à pointe recourbée. Son chapeau, de style "garde civique" était orné de plumes retombantes. Un long ramon ou un panier (d'abord en fil de fer, puis en osier) venait compléter sa tenue. Ceci est l'ancêtre de notre costume de gille actuel.
